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Il y a des moments où l’on n’est pas heureux dans son job, mais sans trop savoir pourquoi. Du coup, on est un peu bloqué : que faut-il changer ? faut-il tout envoyer balader ? changer d’entreprise ? de métier ? Lorsque l’on n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui ne va pas, la décision tarde à venir, et le mal-être risque de s’installer durablement. Ou si on décide de tout changer, on risque de retrouver ce mal-être dans un futur job !

Alors comment savoir quel est vraiment le problème ?

Pour vous aider à identifier d’où vient ce mal-être, voici un modèle théorique proposé par François Delivré dans son livre « Le métier de coach », et qui fait le lien entre bonheur au travail et composantes de notre identité professionnelle. Je l’utilise souvent en coaching.

D’après ce modèle, notre identité professionnelle se compose de 4 visages :

-l’identité interne
C’est ce qui nous appartient en propre, qui fait de nous quelqu’un d’unique et qui nous distingue des autres. C’est un bagage que l’on emporte partout avec nous, même quand on change de métier.
L’identité interne comporte la formation d’origine, le parcours professionnel, l’appartenance culturelle ou religieuse, la personnalité, les besoins, les valeurs …

-les compétences professionnelles
Il s’agit de toute la technique acquise par l’apprentissage, la formation permanente et l’expérience.

-le statut
Le statut, c’est ce que l’on répond à quelqu’un qui nous demande ce que l’on fait, ou ce que l’on met dans la case « profession » des formulaires.

-la reconnaissance
Le besoin de reconnaissance porte sur les 3 premières composantes de l’identité professionnelle et nous est indispensable. Selon notre métier et notre fonction, elle peut venir de la hiérarchie, des collègues, des collaborateurs lorsqu’on est manager, des clients, des pairs, du conseil d’administration etc.

Lorsqu’il y a cohérence entre les quatre composantes de l’identité professionnelle, on est professionnellement heureux. Par exemple, une personne qui a toujours aimé cuisiner et recevoir, qui aime partager ce qu’elle cuisine, qui s’est formée à la cuisine, qui a ouvert son propre restaurant et qui a du succès, a de fortes chances d’être un professionnel heureux.

On est moins heureux lorsque il n’y a pas cohérence entre ces quatre composantes. Il suffit qu’une des 4 composantes ne soit pas alignée avec les autres pour ne pas se sentir bien.

-Cela arrive par exemple quand on n’a pas ou plus envie de faire son métier même si tout le reste est OK : vous pouvez réussir, être compétent, avoir un statut qui vous convient et être reconnu, et malgré cela ne plus avoir envie d’exercer votre travail. Ou tout va bien mais un jour vous ne savez pas à quoi sert votre travail, il n’a plus de sens pour vous. Ou il n’est plus aligné avec vos valeurs. Ces exemples touchent la composante « identité interne ».

-Le mal-être lié à la composante « compétences » peut prendre des formes variées.  Par exemple, quand vous vous ennuyez dans votre travail : vous vous sentez surqualifié, ou vous avez fait le tour du poste, vous n’apprenez plus rien, il n’y a plus de challenge, et donc pas assez de stimulation. Parfois vos compétences ne sont pas exploitées. Ou vous ne progressez plus. Ou à l’inverse, vous avez de nouvelles responsabilités, managériales par exemple, sans être formé pour cela.

-Parfois c’est une question de statut. C’est pesant de ne pas être reconnu cadre par exemple, alors que vos missions le justifieraient.

-Et enfin, le manque de reconnaissance, qui se manifeste de nombreuses façons, du salaire à l’autonomie en passant par l’écoute ou la prise en compte des recommandations, peut venir gâcher le plaisir de travailler. Je pense par exemple au personnel hospitalier. Ce sont très souvent des personnes qui adorent leur métier, ont toujours voulu aidé les autres, sont très compétents, reconnus par leurs patients et leurs collègues, mais ils se sentent incompris ou sentent que leurs difficultés ne sont pas prises en compte par leur direction.

Y voyez-vous plus clair ? Savez-vous lequel des 4 visages n’est pas heureux dans votre situation ?

Et ensuite ?

Une fois que vous avez mis le doigt sur ce qui ne va pas, vous allez pouvoir mener votre réflexion puis agir pour ajuster la situation et retrouver le plaisir de travailler. Devez-vous tout changer ou juste changer d’entreprise ? rester mais changer de métier ou d’équipe ? changer de secteur ? vous former ? ou peut être avoir une discussion avec votre boss, proposer de nouvelles manières de travailler qui vous conviendraient mieux ? … à vous d’imaginer la meilleure solution pour vous, que ce soit en changeant un peu, beaucoup, passionnément…

En conclusion, ce n’est donc pas parce qu’on a un problème que l’on doit tout changer, et à l’inverse ce n’est pas parce qu’on n’a pas de problème qu’on ne doit pas changer ! Il y a plein d’autres raisons de vouloir changer de job : vouloir plus d’indépendance, être mieux rémunéré, mieux mobiliser ses capacités etc (A ce sujet, vous pouvez lire l’article « quel sera le moteur de votre changement ? »)

Ce modèle de l’identité professionnelle peut également vous aider avant de vous lancer dans un futur job :

-ai-je envie d’exercer ce nouveau métier ?
-quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier et quel est mon degré de maitrise de ces compétences ?
-quel statut j’envisage ?
-quelle est la reconnaissance que j’attends en choisissant ce métier ? de la part de qui ? qu’est-ce que je compte faire pour l’obtenir ?

A vous de jouer !

Source : Le métier de coach –
François Delivré – Eyrolles

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