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Au travail, d’un coup, vous vous êtes mis à décrocher : votre job, que vous avez tant voulu, ne vous intéresse plus, tout vous parait dérisoire, vos collègues vous agacent. 

Ou vous venez d’avoir un nouveau job, mais finalement ce n’est pas autant la joie que vous l’aviez espéré…vous préparez déjà votre prochaine démission et vous prévenez tout le monde que de toute façon, vous allez bientôt tout plaquer pour aller élever des chèvres dans le Larzac.

Ou encore, vous vous questionnez sans cesse parce que votre vie ne ressemble pas du tout à celle que vous aviez imaginée.

Bonne nouvelle : vous faites votre crise de la trentaine !

Selon William Bridges, LE spécialiste des transitions de vie, la crise de la trentaine peut être la transition la plus importante de la vie d’un individu. Il dit même que ceux qui font la sourde oreille et vont de l’avant sans rien changer à leur vie se préparent une bonne crise … de la quarantaine !

J’ai récemment lu son livre « Transitions de vie – comment s’adapter aux tournants de votre existence » et j’y ai trouvé plein d’éléments permettant de mieux comprendre et donc de mieux vivre cette crise.

Pourquoi les choses ne se passent pas simplement ? pourquoi c’est la tempête ?

C’est la tempête parce que vous êtes en train de vivre une transition. William Bridges fait bien la distinction entre transition et changement. Alors qu’un changement est une réalité concrète, objective : nouveau job, nouveau boss, déménagement, rupture amoureuse, la transition elle est une réalité psychologique, subjective : c’est une adaptation interne à ce que les événements impliquent.

Et la transition, c’est un processus difficile : elle nécessite de renoncer à la personne que l’on était, puis de décider quelle personne on souhaite devenir. On résiste donc plus à la transition qu’au changement lui même.

Parfois, les deux ne se font pas en même temps. Un changement peut arriver dans votre vie, la naissance d’un enfant par exemple, et la transition ne se fait que plus tard, quand vous acceptez -sans colère, du plus profond de vous- d’avoir un nouveau rythme de vie et de moins sortir par exemple. 

Parfois la transition a commencé, vous vous désintéressez d’un coup de votre job par exemple, mais le changement n’est pas encore arrivé ! Intérieurement vous êtes en train de changer, de laisser la place à un vous un peu différent, mais extérieurement vous n’avez pas changé de job par exemple.

Et pourquoi on entre dans une “transition”  ?

Autour de 30 ans, c’est simplement parce que vous vous trouvez dans une de ces périodes naturelles et périodiques de réajustement et de relance qui ponctuent nos vies. Chacun d’entre nous vit plusieurs périodes de crise, et cela varie d’un individu à l’autre.

A 30 ans, on porte un regard plus réaliste sur ce que l’on est et on commence à s’intéresser davantage à sa vie intérieure. L’approche des 30 ans semble donc favoriser les remises en cause, et peut même aller jusqu’à des révélations. C’est souvent la première grande transition de l’âge adulte où l’on commence à nourrir des doutes sur son avenir, c’est pourquoi à cet âge les transitions s’accompagnent souvent de douleur et d’anxiété

La transition démarre soit à cause d’un bouleversement extérieur touchant la vie professionnelle ou personnelle, soit par un changement à l’intérieur : vos anciens centres d’intérêt commencent à vous ennuyer, ou vous prenez du recul par rapport à vos convictions antérieures par exemple.

Comment savoir si c’est ça qui m’arrive ?

William Bridges recommande de se poser la question suivante : « qu’est-ce qui vous fait penser que votre vie professionnelle ou personnelle est en transition ? » Une transition n’existe que si un processus mental en ce sens se déclenche : « il faut que vous en soyez arrivé au stade de renoncer à une idée, un présupposé, une image de vous-même ou un rêve, et d’aborder un nouveau chapitre de votre existence. » explique William Bridges. Par exemple, ce n’est pas parce que vous êtes entre deux postes que vous êtes nécessairement en transition.

Une transition se conclut quand vous découvrez un nouveau socle sur lequel bâtir votre vie ; ce nouveau socle n’est pas qu’un nouveau travail, qui n’est qu’un changement, mais une nouvelle vision de vous même « en fait je suis capable de faire ça », une nouvelle conscience de la réalité « finalement l’argent n’est pas ma motivation principale », ou une nouvelle idée « et si je devenais développeur web ? » .

Une transition comment ça se passe ?

La transition est un processus en 3 étapes : il faut accepter de renoncer à une situation existante puis subir une phase intermédiaire marquée par l’incertitude, avant de retrouver ses marques dans une situation nouvelle.

Toute transition se compose donc d’une fin, d’une zone neutre et d’un nouveau départ.

Au début il y a la fin…

Toute transition commence par une fin. Pour pouvoir ouvrir un nouveau chapitre il faut savoir refermer le précédent.  Logique non ? Le problème, c’est que nous avons peur des fins, nous les voyons comme des événements n’appelant pas de suite, alors que toute fin est le début d’un processus de transition. Et comme nous avons peur, nous nous opposons à ce cycle.

Dans le cas d’une personne promue manager et qui manage ses anciens collègues par exemple, la personne va peut-être regretter d’être moins proche d’eux, mal vivre de ne plus partager les déjeuners. Elle vit un nouveau départ, mais à l’intérieur d’elle même il n’y a pas eu de fin, de « je ne suis plus un simple collaborateur mais un manager, j’ai de nouvelles responsabilités et un rôle different ». Dans ce genre de cas il est normal de ressentir de la détresse parce que le début d’une chose a conduit à la fin d’une autre sans qu’on l’ait prévu ni voulu.

Si vous en êtes au début de votre transition, voici 2 questions à vous poser :

1) A quoi le temps est-il venu de renoncer ? une attitude, une croyance, un objectif, un rêve, une impression sur autrui ? C’est quelque chose qui vous a convenu par la passé mais qui ne colle plus aujourd’hui dans votre vie. Découvrir les choses auxquelles il est temps de renoncer permet d’entamer une transition avec toutes les cartes en main

2) Qu’est-ce qui, en coulisses de votre vie, attend de faire son entrée ? Il s’agit là encore d’une réalité interne, subjective. Il peut s’agir d’une idée, d’un rêve, d’une question que vous vous posez « mais pourquoi est-ce que je ne suis jamais parti·e travailler dans l’humanitaire, comme j’en rêvais ? » Ce sont des messages qui attendent patiemment d’accéder à votre conscience !

A noter que les allers et retours entre ces deux questions sont fréquents, l’une ne va pas sans l’autre.

Bienvenue en zone neutre

Entre la fin d’une phase et le début d’une autre, il y a un important passage à vide : la zone neutre, et c’est dans l’ordre des choses. Pourtant, là encore, c’est une période difficile à vivre, que l’on peut avoir du mal à accepter, alors que c’est une étape importante du processus de transition.

Pas facile à vivre car on se sent perdu·e, on a l’impression d’un immense vide existentiel.

Là encore c’est normal. Et des moments de solitude et d’inactivité vont être nécessaires pour pouvoir effectuer ce travail de transformation intérieur. Une fois que vous comprenez ce qui vous arrive, c’est plus simple à vivre ! 

Pour pouvoir sortir de ce passage, il faut l’amplifier, intensifier l’experience de la zone neutre, lui consacrer de l’attention. Pour cela, William Bridge conseille de se ménager des parenthèses régulières de solitude. S’isoler permet en effet de pouvoir entendre ses signaux intérieurs.

Son autre conseil est de tenir un journal de bord de vos experiences dans la zone neutre. Il s’agit bien de vos experiences « internes » : que se passe-t-il en vous ? quelle est votre humeur ? à quoi pensez-vous ? qu’est-il arrivé d’étonnant ou d’inhabituel ? quels sont les rêves dont vous vous souvenez?

Peut-être que rien ne fera sens quand vous l’écrirez, mais avec un peu de recul vous verrez des choses apparaitre.

Enfin, profitez de cette période pour réfléchir à vos envies réelles :  que voulez-vous vraiment ?

Et qu’est ce qui est resté inachevé ? quels rêves, quelles convictions, quels talents, quelles idées sont restés dans vos tiroirs ? Vous avez la possibilité d’écrire un nouveau chapitre de votre vie !

Nouveau départ

Et puis un jour les choses vont mieux, c’est le nouveau depart, qui souvent passe un peu inaperçu. Les signaux intérieurs subtils, une impression discrete de changement, de renouveau. 

Et souvent, explique Bridges, lorsqu’on est prêt à prendre un nouveau depart, l’occasion se présente rapidement.

Et vous saurez qu’il faut arrêter de se preparer, et oser se lancer ! parce qu’il est parfois nécessaire de s’engager dans un nouveau chemin pour savoir si c’est le bon. 

Avancez étape par étape, et surtout, faites preuve de douceur avec vous-même, car cela prend du temps pour devenir l’être nouveau vers lequel on tend !

J’espère que cet article vous aura permis de voir cette période de crise comme une opportunité, la possibilité de devenir une nouvelle version de vous même, plus en alignement avec qui vous êtes vraiment !

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Sources : Transitions de vie – comment d’adapter aux tournants de notre existence (William Bridges)

Crédits photos : Joao Jesus on Pexels, Karl Frederickson on Unsplash, Joshua Earle on Unsplash, Camille Villanueva on Unsplash.

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