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Quand on décide de lancer de nouveaux projets, de faire des choses qui nous tiennent à coeur, de changer de job, de changer de voie, de changer de vie, il y a mille raisons d’avoir peur.

Peur de se planter.

Peur de faire un mauvais choix.

Peur d’être incompris·e.

Peur de ne pas être à la hauteur.

La liste est longue.

Dès qu’il y a incertitude, la peur pointe son nez.

Normal, la peur est une émotion qui a pour fonction de nous avertir d’un danger.

Parfois c’est un danger réel, parfois c’est un danger imaginaire.

Plusieurs stratégies sont alors possibles. 

On peut n’écouter que sa peur et renoncer, en se disant que c’est trop dangereux.

On peut essayer d’étouffer sa peur, au risque d’être constamment angoissé·e.

On peut ne pas écouter sa peur, foncer tête baissée et prendre des risques parfois inconsidérés.

Dans tous ces cas, la peur n’est clairement pas une amie. 

Soit on a peu de respect pour elle et on ne l’écoute pas. 

Soit on l’écoute et on lui laisse les commandes de notre vie, mais on la déteste parce qu’elle nous envahit, on la déteste parce qu’elle nous empêche d’avancer, on la déteste parce qu’on est triste de ne pas pouvoir réaliser certaines choses.

Et puis il y a une autre stratégie.

Comme je le disais dans mon précédent mail, il est possible de faire « avec » plutôt que « contre ».

Je voulais aujourd’hui vous partager un texte qui illustre cela. C’est un texte qui m’aide beaucoup quand la peur débarque, quand je sens que j’ai la trouille.

Ce texte est extrait du livre « Comme par magie » d’Elizabeth Gilbert. (Vous connaissez peut-être ce livre, si ce n’est pas le cas et que vous avez envie d’une vie plus créative, je vous le recommande vivement !). 

Elizabeth Gilbert raconte comment, à chaque fois qu’elle s’apprête à se lancer dans une nouvelle aventure, elle a un petit discours tout prêt pour la peur.
 

“Très chère Peur, 

Créativité et moi-même nous apprêtons à faire une virée en bagnole ensemble. Je crois savoir que tu seras de la partie, car tu nous accompagnes toujours. 

Je sais que tu es convaincue que tu as un rôle important à jouer dans ma vie et que tu prends cette mission très au sérieux.

Apparemment, elle consiste à me plonger dans une panique absolue dès que je m’apprête à faire quelque chose d’intéressant – et, si je peux me permettre, je dois dire que tu t’acquittes admirablement de cette tâche. 

Donc, ne te gêne pas, continue de faire ton boulot, si tu estimes que c’est nécessaire.

Mais durant cette virée, je vais également faire mon propre travail, qui consiste à me donner beaucoup de mal et à rester concentrée. 

Et Créativité fera elle aussi le sien, qui consiste à me stimuler et à m’inspirer. 

Etant donné qu’il y a toute la place nécessaire dans ce véhicule pour trois, mets-toi à ton aise, mais n’oublie pas ceci : Créativité et moi serons les seules à prendre les décisions en route. 

Comme je suis consciente que tu fais partie de la famille, je te respecte et ne t’exclurai jamais de nos activités, mais malgré tout, tes suggestions ne seront jamais suivies. 

Tu as le droit d’avoir un siège, tu as le droit de t’exprimer, mais tu n’as pas le droit de vote. 

Tu n’as pas le droit de toucher aux cartes routières ; ni de proposer un autre itinéraire ; tu n’as pas le droit de toucher à la climatisation. 

Ma cocotte, tu n’as même pas le droit de tripoter l’autoradio. 

Mais par-dessus tout, ma vieille et familière amie, il t’est formellement interdit de prendre le volant.”

Concrètement, laisser s’exprimer sa peur sans la laisser prendre les commandes, c’est apprendre à analyser le danger, à regarder s’il est possible de le limiter.

C’est apprendre à se poser la question de comment se protéger, seul·e ou avec l’aide de quelqu’un.

C’est apprendre à anticiper ce que l’on pourrait faire si le danger se réalise.

Je peux alors me mettre en mouvement, faire de petits pas, même de tout petits pas, pour habituer ma peur et lui permettre de se détendre !
 

Par exemple, si j’ai peur financièrement de ne pas pouvoir vivre du job qui me fait rêver, je peux :

-faire le point sur mes besoins financiers et le point sur mes économies

-ne pas démissionner tout de suite, mais décider d’avancer sur ce nouveau projet en parallèle de mon job, et peut-être réduire mon temps de travail salarié petit à petit

-lancer mon projet tout en ayant un job alimentaire à coté

-parler avec des gens qui ont déjà lancé ce genre de projet et voir comment ils ont fait

-prévoir un plan B

La peur peut nous rendre créatif·ve, c’est finalement un beau cadeau qu’elle nous fait, non ?

 

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Photo by Annie Theby on Unsplash

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